[Des plumes et moi] Entretien avec Sandra Mézière

 

  • Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

photod1Sandra Mézière. Je suis avant tout passionnée par l’écriture et le cinéma. Et, bien sûr, par la littérature. Je partage ces passions sur mes blogs cinéma depuis 2003 (notamment Inthemoodforcinema.com, le plus ancien et quotidien).  L’écriture a sans aucun doute changé le cours de ma vie.

Ce furent d’abord des petits concours d’écriture auxquels je m’amusais à participer pour me distraire de mes études de droit, ces concours m’ont permis d’intégrer des jurys de festivals de cinéma (une quinzaine).

Ce fut ensuite l’écriture de mes blogs, à partir de 2003, que j’ai créés pour partager mes passionnantes pérégrinations dans les festivals de cinéma et mon enthousiasme pour les pépites cinématographiques que j’y découvrais. Ils me permettent aujourd’hui d’être invitée dans presque tous les festivals de cinéma, ce que je n’aurais bien sûr jamais imaginé en les créant. A l’époque nous en étions au tout début des blogs… J’en possède désormais 8 dont un entièrement consacré aux festivals de cinéma. Ces festivals ont changé le cours de mon existence puisque, à force d’être conviée dans les festivals de cinéma, la passion pour le cinéma (une passion que j’avais depuis l’enfance) l’a emporté  et après mes études de droit, j’ai ainsi entrepris un nouveau cursus, cette fois forcément… en cinéma.

Ce fut l’écriture de nouvelles et scénarii ensuite, là encore pour participer à des concours, que je gagnais parfois.

Ce fut enfin l’écriture d’un premier roman et d’un recueil de nouvelles grâce auxquels j’ai pu réaliser mon rêve d’être publiée en 2016, aux Editions du 38.

  • Que représente l’écriture pour vous ?

Une passion. Un besoin viscéral. Une drogue. Une évasion. Un moyen d’être au plus près de la vérité….même dans le roman, vérité légèrement mensongère. Une journée sans écriture ne peut pour moi être complète. Je peux même ressentir comme un manque. Je vous disais bien que c’était une drogue. 🙂  J’écris d’ailleurs tous les jours, quotidiennement sur mes blogs depuis 2003, mais aussi des nouvelles, scénarii, romans…

  • Depuis quand écrivez-vous ?

J’ai commencé à dévorer les livres très tôt, et je serais incapable de dire quand j’ai commencé à écrire. Je me souviens juste que quand on me demandait ce que je voulais faire quand j’étais petite, je répondais naïvement  (et présomptueusement) écrivain…

  • Pouvez-vous nous parler de vos livres publiés ?

J’ai eu le plaisir que mes deux livres L’amor dans l’âme, et Les illusions parallèles soient publiés en 2016 par Les Editions du 38.

lamor-dans-lameL’amor dans l’âme est un premier roman dont l’intrigue se déroule principalement au Festival de Cannes 2014 (un festival que je couvre depuis 17 ans et où je suis d’ailleurs aussi allée la première fois grâce à un concours d’écriture, le prix de la jeunesse, à l’époque organisé par le Ministère de la Jeunesse et des Sports et qui, sur lettre de motivation et critiques de films, permettait à 22 jeunes Européens d’être invités au Festival de Cannes).

Ce roman commence comme un thriller : le 24 mai 2014, à Cannes, l’avant-dernier jour du 67ème Festival du Film, une jeune actrice est retrouvée morte dans la chambre d’un palace cannois, une balle dans le cœur. Comme le reste du roman, c’est un début en trompe-l’œil puisque ce livre raconte en réalité un amour et un deuil impossibles. La clef du drame se trouve  parmi les personnes qui ont côtoyé l’héroïne les quatre derniers jours de son existence et dans son passé, dont les récits s’entrecroisent au fil de l’enfance et des festivals de cinéma. Ce roman est né de l’envie d’évoquer le thème du deuil dans une société souvent égocentrique qui zappe tout, qui passe à une vitesse déconcertante d’un sujet à l’autre mais aussi de l’envie de raconter l’histoire d’un amour impossible entre deux êtres blessés et épris d’absolu et enfin de dépeindre l’univers des festivals de cinéma, et en particulier du Festival de Cannes, fascinant théâtre des vanités que je connais si bien. Ce roman est aussi une déclaration d’amour au cinéma. Je l’ai aussi construit comme un labyrinthe dans lequel, je l’espère, le lecteur ne s’égare pas mais s’évade…

les-illusions-parallelesLe deuxième livre intitulé Les illusions parallèles est un recueil de 16 nouvelles qui se déroulent dans différents festivals de cinéma à l’exception de deux d’entre elles  qui ont pour cadre la cérémonie des César  et  un cinéma parisien. C’est un livre qui raconte 16 rencontres fictives « comme au cinéma ». C’est un livre pour tous ceux qui ont rêvé que leur vie ressemble à un film et qui ont rêvé que leurs illusions deviennent réalité. Là aussi ce sont des déclarations d’amour au cinéma. Si ce sont de complètes fictions, les évènements en toile de fond sont souvent réels puisque ce sont des évènements et festivals que j’ai tous fréquentés et couverts. Des festivals dans lesquels la frontière entre le cinéma et la réalité est particulièrement étanche, où des destinées se frôlent telles des ombres parallèles. J’ai aussi essayé de faire en sorte que les styles des nouvelles soient différents et en adéquation avec les festivals dans lesquels les histoires se déroulent. Par exemple, la nouvelle qui a pour cadre du Festival International du Film Policier de Beaune s’intitule « Comme dans un film noir ». Ce recueil est constitué de 16 histoires de rencontres dans les univers fascinants et singuliers des festivals de cinéma de Deauville, Cannes, Monaco, Dinard, Paris, Cabourg, La Baule, Annonay, Lyon, Saint-Jean-de-Luz, Beaune et à la cérémonie des César. J’espère ce recueil ludique, divertissant, et d’après ce que me disent les lecteurs, les chutes sont toujours surprenantes avec néanmoins un point commun qui explique le titre du recueil et que je vous laisse découvrir…

  • Comment se déroule votre processus d’écriture ? Avez-vous un plan défini ou laissez-vous guider par votre plume au fil de l’histoire ?

L’écriture de mon premier roman est vraiment née d’une envie viscérale d’aborder un thème, celui du deuil, mais aussi de construire le livre comme un vrai puzzle. J’ai donc établi une structure préalable à laquelle je devais me conformer. Et le thème étant très personnel et sensible, je m’étais imposé de ne jamais tomber dans le mélodrame ou l’impudeur. Je voulais aussi qu’il soit publié avant le Festival de Cannes 2016 donc cela me mettait un impératif de temps…et une petite pression supplémentaire. J’ai donc travaillé chaque jour avec un planning prédéfini, ce qui ne m’a pas empêchée de laisser libre cours à mon imagination. J’aime tout particulièrement que les personnages existent (presque) par eux-mêmes, m’embarquent et  m’emmènent là où je ne l’avais pas imaginé au préalable…

Pour le recueil, ce fut différent. Les nouvelles du recueil ont été réellement jubilatoires à écrire et dès que je le pouvais je m’attelais donc  à cette douce tâche. Là, oui, je pouvais laisser libre cours à ma plume même si construire des personnages, complexes, dénués de manichéisme, est ce qui me tient le plus à cœur donc j’avais toujours cela en tête aussi.  Mais j’étais toujours pressée de les retrouver, de ciseler mes petites histoires, de jouer et jongler avec les mots. Ma seule exigence était la chute pour chaque nouvelle qui devait correspondre à certaines règles que je m’étais fixée et bien sûr le cadre qui était celui des festivals de cinéma.

  • Quels sont vos projets d’écriture à venir ?

J’ai un roman et un scénario de long-métrage en projet. Je continue aussi à participer à des concours de nouvelles parce que je pense que cela permet de progresser mais aussi tout simplement parce que cela m’amuse.

  • Êtes-vous une petite ou grosse lectrice ? Quelle place tient la lecture dans votre vie ?

Je suis une lectrice insatiable. De l’école primaire à la fin du collège, j’ai dévoré un nombre incalculable de classiques. Ensuite, c’était principalement pendant les vacances. Et aujourd’hui, c’est par périodes mais j’essaie quand même de lire un livre par semaine. Parfois, j’ai plusieurs livres en cours, un classique que je relis (ou découvre) et un roman contemporain.

  • Avez-vous un livre préféré ?

Plusieurs que je relis régulièrement  car les chefs-d’œuvre de la littérature continuent à nous émouvoir et fasciner même après plusieurs lectures. Je dirais Le lys dans la vallée de Balzac (en fait beaucoup de livres de Balzac), Martin Eden de Jack London, Lettres à un jeune poète de Rilke, Belle du Seigneur d’Albert Cohen, Gatsby le magnifique de Francis Scott Fitzgerald.

  • Quels sont vos auteurs préférés ?

Ceux que je relis le plus : Flaubert, Stendhal, Hugo, Wilde, Fitzgerald et surtout Balzac et Sagan.

  • Quel livre ou auteur vous a donné le goût de la lecture ?

Balzac. (Même s’il y en a eu d’autres avant parce que j’ai toujours passionnément aimé lire, même toute petite, …mais je les ai oubliés alors je dirais que c’est le premier à m’avoir profondément marquée).

  • Quel livre auriez-vous aimé écrire ?

Un de ceux précités. Mais si je devais en citer un seul, ce serait peut-être Martin Eden, le roman le plus autobiographique de Jack London, parce que c’est à la fois une brillante histoire romanesque et une peinture de la société, de son hypocrisie, de la superficialité de la réussite, des bas-fonds de San Francisco aux salons de la bourgeoisie. Parce que c’est l’itinéraire d’un être passionné et idéaliste qui sombrera dans le désappointement. Parce que c’est un roman d’un romantisme désenchanté empreint de passion puis de désillusions. Enfin parce que c’est avant tout un roman sur la fièvre créatrice et sur la fièvre amoureuse qui emprisonnent, aveuglent et libèrent à la fois.

  • Un petit mot pour la fin ?

Oui, un mot : LISEZ ! Même une heure, même dix minutes, même juste cinq minutes ou même simplement une page par jour. La littérature possède une multitude de pouvoirs magiques : elle nous permet de nous évader, d’acquérir ou de développer notre ouverture d’esprit, de voyager (immobiles : le rêve !), de bousculer nos certitudes, d’apprendre, de rêver, parfois simplement de savourer la mélodie des mots …et  même de  soulager, voire soigner,  les âmes endolories.

Interview réalisée en février 2017.

L’amor dans l’âme est disponible aux Editions du 38 (mais aussi sur Amazon ici au format Kindle, ici en broché).

Les illusions parallèles est disponible aux Editions du 38, ainsi que sur Amazon au format numérique Kindle et en broché.

– Retrouvez Sandra Mézière sur son blog cinéma, son blog sur les festivals de cinéma,  FacebookTwitter et Instagram.

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Une réflexion sur “[Des plumes et moi] Entretien avec Sandra Mézière

  1. Pingback: L’amor dans l’âme, Sandra Mézière | Des plumes et des livres

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