Premières lignes #116

Bonjour les amis !

Comment allez-vous ? Les jours passent et ne se ressemblent pas…Alors que le week-end dernier avait été en demi-teinte, le début de la semaine a été éclatant. Entre séances photo en extérieur avec ma super collègue de travail, ma mutation dans une école près de la maison, je suis sur un petit nuage.

De ce fait, même si j’ai toujours la tête dans les livrets scolaires (comment ça, je suis à la bourre ?), je retrouve petit à petit le plaisir de lire (et non pas uniquement audiolire).

Ma #VendrediLecture de cette semaine est un livre sélectionné pour le Prix des lecteurs du Livre de Poche, Les yeux d’Ava de Wendall Utroi. Je vous partage aujourd’hui son incipit.

Bon vendredi et bon week-end !

Si vous lisez cette lettre, c’est que vous tenez mon manuscrit entre vos mains, qu’on me l’aura volé, ou que ma fin sera proche. Il ne me quitte jamais, collé à ma peau, dissimulé sous mon manteau ou dans mon cabas. Les premières pages, nées il y a des années, sont raturées et usées par les griffes du temps.
Il est très probable que nous ne nous connaissions pas. Vous pourriez aussi bien être un passant attendri, un pompier, une infirmière, allez savoir ! Peut-être le croque-mort que je guette depuis si longtemps. Vous ne me connaissez pas. En fait, je préfère ça, c’est même parfait. Vous aurez, je l’espère, ce sens de l’écoute, la curiosité qui manquent cruellement aujourd’hui.
Si vous avez trouvé ma lettre, c’est que brille encore, dans ce monde où beaucoup ferment les yeux sur les autres, une lueur d’espoir. Vous savez, l’espoir, cette lumière qui nous empêche parfois de sombrer, cette poussière d’étoiles qui fend la noirceur de l’âme et autorise un sursis lorsqu’on se sent perdu, au bout de tout. Je rêve que l’envie de découvrir mon histoire vous tenaille. Elle n’est pas banale, et vous pourriez y entrevoir la fragilité de nos vies.
Même ma famille n’en a pas connaissance. Il y a longtemps que je n’ai plus de nouvelles, et c’est un peu ma faute. Je me demande même si, depuis, elle ne m’a pas maudite.
Lisez et ensuite, prévenez-les si vous vous en sentez la force, un numéro est noté derrière une carte de visite que j’ai agrafée à cette lettre.
Vous croyez que votre vie est paisible et que, bercée de quiétude et de monotonie, elle ne peut pas basculer ? Et si vous vous trompiez ?
Vous qui vous tenez de l’autre côté, tentez de me comprendre, et peut-être me pardonnerez-vous. Et si vous ne trouvez aucun intérêt à ce récit, je vous en conjure, ne le jetez pas. Donnez-le à une âme curieuse. Il faut que quelqu’un sache.

Je m’appelle Ava. Drôle de prénom me direz-vous. C’est vrai, un prénom court qui glisse sur la langue, en boucle, un palindrome sans queue ni tête, à la façon d’un cri ou d’une onomatopée, presque un éternuement. Mais je m’égare. Peu importe mon nom ou l’endroit de ma naissance, et peu importe le lieu. Ce qui embellit une existence, ce n’est pas la géographie ou la langue qu’on parle mais les êtres qu’on croise.

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