Premières lignes #67

Bonjour les amis !

On se retrouve comme chaque vendredi pour découvrir les Premières lignes d’un roman que j’ai lu ou que je suis en train de lire. Cette semaine je mêle ce rendez-vous de découverte à celui du #VendrediLecture puisque je vais vous laisser l’incipit de ma lecture en cours, Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (Editions de l’Observatoire).

Bon vendredi !

1

Un pas. Une pierre. Un chemin de poussière. Un printemps qui bourgeonne. Au fond bruit un torrent.
Des bruits. Mille pas. Tous aussi mal cadencés.
« Il y aura bien une halte, plus tard, pense-t-il. Cette longue marche forcée s’arrêtera un jour. »
Aimé sent la brise, infime et infiniment douce. Il se gonfle, écarte les bras, incline ses paumes comme des voiles pour capter le moindre souffle, sa misaine, sa trinquette. Il dodeline de la tête et décolle cette veste aux fibres cartonneuses, gavées de saisons froides et sèches.
Il sait qu’ils sont des milliers comme lui, à arpenter les routes des territoires de l’Est. Des cohortes de guenilles maculées de mois de crasse, tiraillées par le manque. La faim, la soif, les proches, l’avenir. Des cadavres en mouvement. Survivants, comme lui Il en reste. Ils sont là. Ils marchent en colonnes ordonnées. Aimé baisse la tête. Il profite des minces silhouettes qui lui font un peu d’ombre. Il ferme les paupières un instant pour chasser ces gouttes acides qui lui piquent les yeux.

Ces rêves qu'on piétine

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