Premières lignes #63

Bonjour la compagnie !

Comme chaque vendredi je vous fais découvrir les Premières lignes d’un livre que je lis ou que j’ai lu et apprécié.

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir l’incipit de A bout de nerfs de James Barnaby (Editions de Borée).

Bon vendredi à tous !

VENDREDI 22 JUIN

1

Herzliya Pituah, siège de TradeOption,
19 heures

Samuel ôta son casque microphone, faisant glisser les écouteurs sur ses tempes, et dirigea son regard au-delà des baies vitrées du call center. Vue imprenable sur une mer turquoise surmontée d’un ciel bleu acier. Malgré la climatisation, qui produisait un raffut du diable et peinait à faire descendre le mercure de quelques malheureux degrés, il faisait une chaleur à crever. Dehors, c’était pire. Le thermomètre affichait un bon 40 degrés à l’ombre. Ce qui n’avait rien d’étonnant ici. Entre avril et octobre, c’est l’enfer.
Cela faisait près d’un an que Samuel travaillait à Herzliya Pituah, une petite ville balnéaire au nord de Tel-Aviv, au dixième étage d’un grand immeuble moderne situé à une dizaine de mètres de la plage, entièrement vitré de verres fumés réfléchissants comme les lunettes de soleil d’une star soignant son incognito. Il y avait un peu de ça, d’ailleurs, chez TradeOption, la boîte où il bossait. Du confidentiel estampillé trop secret, incognito et anonyme. Avec des milliards de dollars ou de shekels à la clé. Des placements financiers à haut risque où l’on pouvait gagner beaucoup en quelques minutes, mais perdre encore plus en quelques secondes.
On se serait cru dans une volière, dans un bruissement incessant de voix si bien entremêlées qu’elle en devenaient inaudibles. Ils étaient une bonne cinquantaine d’employés à travailler dans cet open space, chaque face à son PC, un casque micro sur les oreilles. Dix heures par jour, parfois la nuit en fonction des décalages horaires. TradeOption avait des clients dans le monde entier, il fallait s’adapter, se caler sur l’horloge de chacun. Si l’on devait joindre quelqu’un à 10 heures à Tokyo, on appelait à 3 heures du matin en donnant l’impression qu’on commençait sa journée, frais comme un gardon. C’était un coup à prendre, mais le jeu en valait la chandelle.

A bout de nerfs

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