[Des plumes et moi] Entretien avec Alexandra Ceccarelli

Bonjour tout le monde !

L’interview d’aujourd’hui n’est pas une interview comme les autres. Non, je ne vous ai pas déniché un auteur venu de Mars, ni un grand bestseller international. Non. C’est juste la publication qui est toute spéciale car c’est la dernière pour le moment. Je ne clôture pas définitivement les interviews. J’aime trop donner la parole aux auteurs, indépendants ou édités. Mais voilà, je vous avais déjà annoncé une petite pause du blog le mois dernier et elle est arrivée. Les chroniques continuent, je vais essayer de mettre quelques uns de mes gribouillages, peut-être reprendre un rendez-vous par semaine mais pour le reste ça va être en stand-by.

C’est donc Alexandra Ceccarelli qui a la parole pour ce dernier entretien d’auteur. Une auteure autoéditée très sympathique dont j’ai eu la chance de lire son roman Au-delà de l’horizon fort intéressant.

Trêve de blabla, je vous laisse en sa charmante compagnie.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

IMG_0572Je m’appelle Alexandra Ceccarelli, j’ai 42 ans et je vis à Paris. Après des études littéraires, j’ai fait une formation de lectrice-correctrice, mais je n’ai travaillé dans ce domaine. En plus de l’écriture, je me suis dirigée vers la rédaction web. Mes autres passions sont la musique (je pratique le piano depuis 10 ans), le cinéma et bien sûr la lecture.

 

  • Que représente l’écriture pour toi ?

Que ce soit à travers la fiction (nouvelles, romans), par des travaux de rédaction, ou encore par la tenue de mon blog (les EcritsdAlex), j’essaie de donner la priorité à l’écriture dans ma vie, si possible de manière quotidienne. Je me lance régulièrement des défis (tant de mots cette semaine, ou encore des défis de 30 jours d’écriture ininterrompue). Je me forme également de manière continue, pour améliorer mes textes. Aujourd’hui, j’écris plus vite qu’à mes débuts, mais déjà toute petite je lisais énormément, ce qui m’a aidée à former mon style. Très tôt, j’ai été fascinée par l’écriture et la vie des grands écrivains et des artistes en général.

  • Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé à écrire « sérieusement » il y a 17 ans. J’étais terrorisée à l’époque, écrasée par la tâche et les exemples des grands écrivains.  J’avais peu confiance en ma capacité de finir un texte. Alors je me suis dit « allez je vais au bout de ce roman, mon premier, même s’il n’est pas bon. » Je me disais que si j’étais capable de faire ça, je pourrais le refaire, encore et encore. La quantité d’abord, la qualité ensuite, avec le temps et la pratique. Avant, j’avais eu quelques succès, notamment dans le cadre universitaire, mais je n’osais pas écrire de la fiction. Je croyais au mythe du « talent », alors qu’aujourd’hui je n’y crois plus du tout. Seul le travail compte, et je vois tous les jours des gens « doués » ne pas exploiter leurs dons alors que d’autres, peut-être moins touchés par la grâce, réussissent à force d’acharnement.

  • Peux-tu nous parler de tes publications ?

A ce jour, j’ai publié deux romans de littérature blanche et un roman de SF. Cicatrices a pour thématique la gémellité tandis que Photos de Famille, ma seule œuvre relatée à la première personne relate les aventures d’Erika, une trentenaire célibataire. Il s’agit d’un roman chick-lit, que j’ai pris un grand plaisir à écrire, et qui a « fusé » de ma plume, sans grande structure, mais qui m’a permis d’explorer un territoire très éloigné de ma personnalité et de mes orientations futures.

J’ai également quantité de nouvelles dans mes tiroirs, dont certaines sont disponibles sur Amazon.

téléchargementMon troisième livre, Au-delà de l’Horizon est mon premier roman de science-fiction. En voici un petit résumé : Alors que la Terre est recouverte par les eaux, trois hommes se réveillent d’un long sommeil et cherchent à survivre et à se réconcilier dans un monde devenu hostile où d’étranges médecins gastronomes cherchent à leur voler leur cerveau.

J’avoue que j’ai un faible pour ce roman. Il est, je pense, mon plus abouti. J’ai mis de longs mois à l’écrire, effectué d’énormes recherches pour y insuffler un maximum de vraisemblance scientifique. J’ai également affirmé mon style dans ce livre, essayant de lui conférer une musicalité, une vraie réalité esthétique. D’en faire une oeuvre d’art à part entière, pas seulement une bonne histoire que l’on dévore et qu’on oublie aussitôt. Je ne sais pas si j’ai réussi, ça, c’est aux lecteurs de le dire !

  • Comment se déroule ton processus d’écriture ? As-tu un plan défini ou te laisses-tu guider par ta plume au fil de l’histoire ?

Mes sessions d’écriture se déroulent toujours avec un fond musical (et une prédilection pour The Hot Five and Hot Sevens Sessions de Louis Armstrong). Concernant le plan, je commence par la fin, assez rapidement. J’imagine ou j’écris des bribes de la scène la plus importante, celle vers laquelle l’intrigue doit converger. Je pose ensuite des jalons : introduction, incident déclencheur, les 3 actes, le climax et la fin. Une fois que j’ai mon squelette et une idée (encore vague), de mes personnages, je fais un résumé des scènes, sur des fiches. En même temps, je fais des recherches à la bibliothèque et sur internet. Puis, j’écris le premier jet. Je réévalue de temps en temps les scènes pour rester dans mon axe, si je vois que je m’éloigne un peu, mais à ce stade, ce n’est pas grave. La réécriture est la phase la plus importante. Je m’y attelle après que le manuscrit a passé quelques semaines « dans le tiroir ». A ce moment-là, j’imprime le premier jet et je relis tout une première fois, un stylo rouge à la main. Le travail de réécriture peut commencer. Je retravaille la dramaturgie, la thématique, les scènes, les personnages, les dialogues, le style.

  • Quels sont tes projets d’écriture à venir ?

En ce moment, je travaille à un nouveau roman d’anticipation, situé encore une fois sur notre belle planète. Je n’ai pas encore de date de sortie (vous pouvez vous inscrire à la newsletter tout en recevant une nouvelle gratuite de 40 pages pour savoir quand le livre sortira). A ce jour, j’ai achevé le premier jet de l’épisode 1. (Le roman s’inscrit dans une série de plusieurs tomes). Mon idée de départ ? « Et si l’oxygène venait à manquer, comment pourrions-nous survivre » ? Ce livre est très excitant, car il m’a donné plein d’idées de personnages, de décors, d’ambiances et d’action. En plus, c’est un thème qui résonne bien avec l’actualité ! Régulièrement,  je fais un point sur mon blog concernant ce livre, ce qu’il m’inspire, les idées et les thèmes que j’explore à travers lui. Sinon, je travaille à une nouvelle pour un appel à textes d’une maison d’édition, toujours dans la science-fiction.

  • Es-tu une petite ou grosse lectrice ? Quelle place tient la lecture dans ta vie ?

La lecture tient une place prépondérante dans ma vie. J’ai bien une télévision, mais elle me sert surtout à écouter de la musique ! J’aime lire et je ne crois pas qu’on puisse sérieusement bien écrire sans lire. Il y a une part d’assimilation du métier qui se fait à travers la lecture (de manière consciente et inconsciente). En outre il arrive un moment où un auteur peut se dire « Là, j’aurais écrit plutôt cela ». Je lis surtout des romans, mais pas forcément de la SF. J’ai une prédilection pour les polars, les journaux d’écrivains, les auteurs anglo-saxons. Je lis en mangeant, en attendant mon tour dans un magasin, en prenant les transports.

  • As-tu un livre préféré ?

Non, il y a beaucoup trop de bons livres ! Et puis ça change avec les années. Au collège, on nous avait faire lire La peau de chagrin. J’avais tellement aimé que j’en avais recopié des passages pour les apprendre par cœur ! Il a longtemps été mon livre préféré (ma première incursion dans la littérature dite « de l’imaginaire »). Mais depuis… des coups de cœur pour plein de livres.

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Bordage, Dostoïevski, Stendhal, Flaubert, G.J Arnaud (pour sa puissance créatrice), John Irving, Elizabeth George, Isaac Asimov (j’adore ses nouvelle sur les robots), Stephen King.

  • Quel livre ou auteur t’as donné le goût de la lecture ?

Je ne sais pas vraiment. Je me rappelle avoir appris à lire très rapidement et commencé par lire des livres qu’on allait chercher avec l’école à la bibliothèque. Mais curieusement, je n’ai pas trop de souvenirs de ces livres-là. Plus tard, j’ai eu tous les livres de la Comtesse de Ségur, puis je suis tombée dans le policier avec les romans d’Agatha Christie. Je crois que j’en ai lu soixante en deux ans.

  • Quel livre aurais-tu aimé écrire ?

Le Monde selon Garp, de John Irving, incontestablement. Quand on pense que l’auteur est dyslexique, alors chapeau l’artiste ! Il y a tout dans ce livre : un style, un souffle épique, une incroyable capacité de narration, une identité d’auteur très affirmée, une mise en abîme de la vie d’un écrivain, une folle originalité, des personnages inoubliables, un style marqué.

  • Un petit mot pour la fin

Merci de m’avoir permis de répondre à cette interview. Je suis encore un auteur peu connu, mais tout ce qui compte pour moi, c’est de continuer à écrire et m’améliorer à chaque phrase, à chaque chapitre, à chaque livre. C’est quelque chose qui fait partie de moi, et je m’efforce d’apporter à mes lecteurs un maximum de plaisir, de rêve, et peut-être de questionnements. J’ai trouvé dans la science-fiction un moyen de combiner tout cela.

Car réfléchir tout en se distrayant, n’est-ce pas quelque chose de profondément satisfaisant ?

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