[Des plumes et moi] Entretien avec Jérôme Dumont

Bonjour tout le monde.

Comme d’habitude, voici notre interview du dimanche. Aujourd’hui c’est Jérôme Dumont, un auteur dont j’ai beaucoup apprécié la plume dans Just married et Sacrifiées, ses thrillers autoédités ou encore Tout ce que l’on ne s’est pas dit publié chez Numérik’livres. C’est toujours particulier de vous faire découvrir un auteur dont j’ai lu les livres et apprécié l’écriture car quand un auteur vous sollicite pour une chronique, il y a toujours un lien qui se créé à travers nos échanges. Je ne connais pas tous les univers de Jérôme Dumont mais avec l’aperçu que j’ai eu avec les trois livres lus, j’ai hâte de pouvoir en lire plus !

  • Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Jérôme Dumont photoUn parcours de touche à tout, voyageur et multiculturel, je crois que c’est encore ce qui me résume le mieux.

Ayant grandi dans le midi de la France, j’ai ensuite déménagé en Belgique où j’ai vécu une dizaine d’années, suis revenu à Nice, puis parti au Canada où j’ai passé onze ans, avant de me réinstaller récemment sous le soleil du midi.

Quant à mon parcours professionnel, j’ai exercé pendant plus de quinze ans la profession d’avocat dans tous ces pays, opéré un virage radical dans le monde du jeu vidéo où j’ai produit une dizaine de jeux mobiles, puis exercé d’autres fonctions juridiques et liées aux nouvelles technologies. Jusqu’à ce que l’écriture prenne de plus en plus de place dans ma vie. Apprendre et découvrir, je crois que ce sont mes principales motivations qui me poussent à toujours essayer de nouvelles choses.

D’un point de vue de l’écriture, je suis ce qu’on qualifie d’auteur hybride, puisque j’ai publié de façon indépendante plus d’une douzaine de romans et deux avec une maison d’édition que j’affectionne particulièrement, les éditions NL (ndlr : Numérik’livres).

 

  • Que représente l’écriture pour vous ?

Une activité qui s’est imposée à moi comme une évidence lorsque j’ai enfin décidé de donner vie à un duo de personnages qui me trottait dans la tête depuis longtemps ! Quinze romans plus tard, l’envie est plus forte que jamais. Pour tout dire, il me manque quelque chose lorsque je n’ai pas un nouveau roman en cours.

Et puis il y a cette sensation, unique, de créer une nouvelle histoire de A à Z, de la sentir prendre vie, chacune à un rythme qui lui est propre. C’est surtout une occasion de me plonger dans des mondes créés de toute pièce, de donner vie à des personnages, d’en retrouver d’autres, de partager leur « vie » le temps d’un ou plusieurs romans.

 

  • Depuis quand écrivez-vous ?

J’ai toujours aimé écrire, ou plutôt rédiger. Pour le plaisir d’abord, pour échanger avec mes proches, avec ce délicieux bonheur d’envoyer (et de recevoir) des lettres. Activité aujourd’hui surannée, à l’heure de l’instantanéité des nouvelles technologies, je continue à écrire et j’ai beau être accro à mon smartphone, recevoir une lettre, c’est tout de même… autre chose ! J’ai également beaucoup rédigé dans mes activités d’avocat, qui nécessitent de tenir la plume et le clavier du matin au soir. Du simple courrier où chaque mot compte, aux conclusions et mémoires, où il faut faire preuve de rigueur sur le fond autant que sur la forme.

51EWzo2sKwL._SY346_Le déclic de l’écriture de romans, je l’ai eu un jour de juillet 2013, où j’ai entamé la rédaction de la première enquête de Rossetti & MacLane, plus sous forme de défi à moi-même qu’autre chose. Un moyen pour moi, à ce moment-là, de m’évader et de voyager alors que je ne le pouvais physiquement pas. Le premier roman n’était pas encore bouclé que j’avais l’idée du second ; il en a été de même pour le troisième. À partir de là, le virus était inoculé, la machine lancée…

 

  • Pouvez-vous nous parler de vos publications ?

51uwXZ3FolL._SY346_J’ai commencé par mettre en scène deux personnages, Rossetti & MacLane, l’avocat niçois spécialisé en divorce et la dirigeante de startup montréalaise. Un duo d’enquêteurs un peu « malgré eux », aux prises avec des situations qui vont de la disparition inexpliquée à la traque d’un tueur en série, en passant par des règlements de compte entre truands. Cette série de polars compte aujourd’hui neuf romans indépendants les uns des autres. Ce qui m’a permis d’explorer différents « genres », du polar pur jus au thriller technologique, médical, voire même à de l’action pure et dure !

41xCB8p4YbLPuis, alors que cette série était bien lancée, j’ai eu envie de mettre en scène d’autres personnages qui ne seraient pas soumis aux mêmes « contraintes » que Rossetti & MacLane. Deux romans de la série David Atlan, plus orientés vers l’espionnage ont ainsi vu le jour, et le troisième attend son heure dans un coin de ma tête ! Des séries différentes, qui ne m’ont pas empêché de créer des crossover pour mon plus grand bonheur. Deux univers a priori imperméables, qui finissent par se rencontrer, le temps de quelques chapitres… Une expérience que j’adore, qui ressemble à un laboratoire d’expérimentation où j’imagine les réactions de chacun, avec des résultats parfois électriques !

Au milieu de ces séries, d’autres histoires, indépendantes, ont jailli : Tout ce que l’on ne s’est pas dit, publié aux éditions NL, et Just married. Un roman sur le thème de l’amitié et un thriller psychologique, des histoires que j’ai eu envie de raconter. Des rythmes et des narrations différents, de nouvelles expériences d’écriture.

 

De même, lorsqu’un jour d’été 2015, j’ai eu envie d’écrire l’histoire d’une jeune femme rousse, maladroite, persuadée d’avoir trouvé son prince charmant et bien décidée à se « guérir » de sa maladresse, je me suis lancé et j’ai fini par publier sous un nom de plume que je réserve à mes comédies romantiques (Claire Bianchi), Tombée pour lui et, plus récemment, Aurélien, sa dinde et moi (dans laquelle un personnage apparu dans le neuvième Rossetti & MacLane tient le premier rôle !).

 

  • Comment se déroule votre processus d’écriture ? Avez-vous un plan défini ou laissez-vous guider par votre plume au fil de l’histoire ?

Lorsque je commence une nouvelle histoire, j’ai le point de départ et puis c’est tout ! Parfois une conclusion, par exemple pour Just married, où je savais exactement où je voulais en arriver avec cette jeune mariée qui disparaît, mais sans avoir aucune idée du chemin pour y parvenir. Je me laisse entraîner par les personnages, par l’intrigue, en faisant fréquemment le point sur là où j’en suis, ce qui peut se passer… ou pas. J’ai cette impression que si je me surprends moi-même, le lecteur le sera également et que de tout connaître à l’avance des rebondissements de mon histoire risquerait de dévoiler les coups de théâtre de façon un peu téléphonée… Certes, il y a le risque de ne pas parvenir à boucler la boucle de façon logique, crédible, mais peut-être aussi que ce danger est une motivation supplémentaire ?

Cela dit, au-delà des intrigues, ce sont les personnages qui m’intéressent au premier chef, d’où, sans doute mon attrait pour l’écriture en séries. La possibilité de les développer, de mieux les connaître, de les mettre dans des situations totalement nouvelles est un puissant motivateur.

À travers ce processus et comme la plupart de mes romans sont ancrés dans la réalité, ils nécessitent plus ou moins de recherches dans différents domaines. J’en effectue la plupart à partir de mon « idée de base », mais aussi parfois, en cours de rédaction, afin de vérifier que je n’ai pas été entraîné dans une zone de « non-crédibilité », tant je déteste lire ou voir des films ou des séries dans lesquelles un petit détail vient tout gâcher.

 

  • Quels sont vos projets d’écriture à venir ?

SacrifiéesLors de la rédaction de Just married, j’ai créé une enquêtrice de Bar Harbor pour laquelle j’ai eu un coup de cœur dès les premières lignes. Elle m’est apparue mystérieuse, avec un passé dont je ne connaissais pas les détails, mais que je savais énigmatique et plein de potentiel. Il n’en a pas fallu plus pour que je lui « offre » son roman, actuellement en cours de finalisation. Clairement sous-employée dans cette petite ville où il ne se passe pas grand-chose, je lui ai offert une enquête à sa mesure, où elle fait face à un tueur en série qui sème un sacré émoi dans ce havre de paix. Après corrections, repos et nouvelles corrections, le manuscrit sera prêt pour septembre (ndlr : le thriller Sacrifiées est sorti depuis le 12 octobre).

En dehors de cela, un récent échange par mail avec une lectrice de la série Rossetti & MacLane (merci Dorah !) m’a permis d’avoir un point de départ pour leur 10e enquête…

Il y a également une taupe restant à débusquer à la fin du deuxième Atlan, donc un troisième opus à créer… Sans compter les idées qui peuvent jaillir à tout moment, séries ou pas !

 

  • Êtes-vous un petit ou gros lecteur ? Quelle place tient la lecture dans votre vie ?

Je ne lis pas autant que je le voudrais. Mais j’ai toujours un livre en cours, en ce moment un des rares Philip Kerr pas encore lu !

Je dois avouer que j’ai grandi dans une famille où tout le monde lisait énormément, si bien que les livres et la lecture ont toujours fait partie de mon environnement. Et depuis que j’utilise une liseuse, encore plus, puisque je ne me déplace que rarement sans la mienne.

 

  • Avez-vous un livre préféré ?

Il y en a trop pour s’arrêter à un seul. Cela dit, si je ne devais en citer qu’un, ce serait Martin Eden, de Jack London. Outre son côté romanesque, cette ascension douloureuse d’un aventurier autodidacte, faite de sacrifice pour finir par un abandon, alors qu’il avait tout eu, m’a beaucoup touché.

 

  • Quels sont vos auteurs préférés ?

Que ce soit Les aventures maritimes de Patrick O’Brian, Les enquêtes du commissaire Montalbano d’Andréa Camilleri ou celles de Bernie Gunther, de Philip Kerr, ce sont des livres que j’achète les yeux fermés.

C’est un peu pareil avec Michael Connelly.

Cela dit, il y a également des livres qui agissent comme des déclencheurs ; par exemple, Une vie française de Jean Paul Dubois, qui m’a donné envie de lire ses autres romans.

En dehors de cela, je suis assez éclectique et mes lectures sont souvent choisies à la suite de recommandations de proches, d’amis ou d’articles de blogs littéraires que je suis.

 

  • Quel livre ou auteur vous a donné le goût de la lecture ?

Il y a eu les Bob Morane (encore une série, décidément !), bien sûr, mais si l’on remonte encore avant, je crains que, comme beaucoup, Enyd Blyton ait été responsable de mon goût pour la bibliothèque rose, puis verte… !

 

  • Quel livre auriez-vous aimé écrire ?

En attendant Bojangles, d’Olivier Boudreault. Un premier roman magnifique qui mélange joie, rires, tristesse intense avec un grain de folie dont nous aurions tous besoin.

 

  • Un petit mot pour la fin ?

Merci ! De donner la parole aux auteurs indépendants, de prendre le temps de les découvrir et de partager votre passion pour l’écriture !

Interview réalisée en août 2017.

– Retrouver Just married (et les autres publications de Jérôme Dumont) sur Amazon.

– Pour suivre l’auteur vous pouvez vous rendre sur Facebook, Twitter ou sur son site.

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2 réflexions sur “[Des plumes et moi] Entretien avec Jérôme Dumont

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