[Des plumes et moi] Entretien avec Patrice Quélard

Amis du dimanche, bonjour !

Comme chaque week-end, nous avons le plaisir de découvrir ou de redécouvrir un auteur à travers ses écrits mais aussi ses habitudes de lecture. Aujourd’hui, c’est Patrice Quélard qui nous fait l’honneur et le plaisir de venir papoter un peu avec nous.

  • Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Patrice Quélard, auteur de littérature générale spécialisé dans les romans historiques, transfuge occasionnel, depuis deux ans, dans les littératures de l’imaginaire, dits aussi mauvais genre, dits aussi SFFF.

pquelard

  • Que représente l’écriture pour vous ?

Ça fait pas trop bateau si je dis que c’est l’une des quelques grandes choses qui me permettent encore de tenir dans un monde que je comprends de moins en moins ?

 

  • Depuis quand écrivez-vous ?

Depuis l’adolescence. J’ai d’abord écrit pour moi, puis dans un fanzine étudiant, puis j’ai été blogueur d’opinion, avec une fibre très « humour noir ». Parallèlement, j’ai commencé mon premier roman à 27 ans, mais j’ai longtemps eu du mal à me discipliner suffisamment pour mener un tel projet à bien, qui nécessite beaucoup de structuration d’esprit et de persévérance alors que je suis d’un naturel fantasque. Je ne l’ai finalement terminé que 13 ans plus tard ! Par contre, sa publication presque immédiate a été un formidable moteur, et depuis, je suis lancé comme une locomotive !

 

  • Pouvez-vous nous parler de vos publications ?

En dehors de ma fibre historique, qui ressort très souvent, je suis un grand éclectique. J’ai écrit deux romans historiques, un autour de la première guerre mondiale, un autre autour de la croisade contre les cathares, qui est le premier tome d’une trilogie. J’ai aussi publié deux livres de jeunesse à mes débuts, et devrais rééditer l’expérience bientôt avec le dessinateur Eric Dodon. J’ai également signé avec le même Eric Dodon une BD humoristique, Bar et Mulet, qui aura son tome 2 en fin d’année. J’ai publié de nombreuses nouvelles depuis deux ans chez plusieurs éditeurs de SFFF (Otherlands, Arkuiris, Nutty Sheep) et écrit une pièce de théâtre d’humour noir décapant.

 

  • Comment se déroule votre processus d’écriture ? Avez-vous un plan défini ou laissez-vous guider par votre plume au fil de l’histoire ?

Alors cette question est intéressante, parce qu’en fait ma nature me porterait spontanément à écrire à l’instinct, comme ça me vient. C’est ce que je faisais à l’école, et c’est pour ça que j’étais toujours hors-sujet. Sauf que j’ai dû apprendre à lutter contre cette (très) mauvaise habitude, et ce n’est qu’au prix de cette lutte acharnée et victorieuse (yeehaaaaa !) que je suis parvenu à boucler des projets. Maintenant, c’est donc l’inverse : non seulement un plan est indispensable, avec une situation de départ, une intrigue, des personnages fouillés et un dénouement, mais je ne commence pas à rédiger quoi que ce soit avant que tout cela soit clair et net… Ce qui me prend généralement autant de temps qu’à écrire, si ce n’est plus, surtout dans ma spécialité du roman historique où il doit y avoir une double cohérence de l’intrigue : interne (la petite histoire) et externe (la Grande). Parfois, ma nature prend sa revanche et il peut m’arriver de laisser mon clavier digresser sur un point particulier de l’histoire lorsque l’inspiration m’y oblige, même si ce point est situé à un moment de l’histoire auquel je ne suis pas encore arrivé. Mais je sais que le tout s’emboitera à la fin, comme un puzzle, à partir du moment où le plan est clair.

 

  • Quels sont vos projets d’écriture à venir ?

Je vais m’écarter provisoirement de la SFFF (à part peut-être une petite nouvelle de temps à autre pour m’entretenir) pour travailler à la fin du deuxième tome de ma trilogie Catharsis (éditée chez Ed2A) : quand je suis là-dessus, c’est extrêmement prenant et énergivore, et je ne peux pas me permettre de trop papillonner.

J’ai toutefois commencé à collaborer sur un projet de BD avec une artiste dont j’admire profondément le travail : Edwige Dupont.

Enfin, j’ai un projet de recueil de nouvelles déjà quasiment bouclé, qui pourrait sortir à l’horizon fin 2017-début 2018.

J’ai tellement d’autres projets… Mais je m’oblige à les laisser dans mon tiroir pour ne pas sombrer à nouveau dans la versatilité !

 

  • Êtes-vous un petit ou gros lecteur ? Quelle place tient la lecture dans votre vie ?

Ni gros, ni petit… Moyen, c’est possible ? En fait, je ne peux jamais lire autant que je le voudrais, et ceci pour la bonne raison que l’écriture est mon « deuxième métier » et que je ne peux le pratiquer que la nuit et pendant les vacances de mon premier métier, qui a l’impudence de me prendre pas mal de mes journées ! (Heureusement encore qu’il est intéressant, même si pas facile tous les jours). Le temps n’étant pas extensible, il y a nécessairement des choix à faire. Cela dit, même si je ne m’enfile pas deux romans par semaine, je reste un gros lecteur tous écrits confondus, ne serait-ce que pour documenter mes écrits, ce qui me prend généralement beaucoup de temps.

 

  • Avez-vous un livre préféré ?

Non, je suis incapable de répondre à cette question, de même d’ailleurs que pour les films. Il y en a trop que j’ai aimés et que je suis incapable de départager, en grande partie d’ailleurs parce qu’ils ne sont pas comparables.

 

  • Quels sont vos auteurs préférés ?

Idem que ci-dessus. Je peux quand même citer quelques noms, mais la liste sera nécessairement non exhaustive : Gibrat, Tardi, Barjavel, Barbusse, Remarque, Dorgelès, Rilke, Hemingway, George RR Martin. Pour changer, j’aimerais bien qu’on parle aussi d’auteurs aussi connus que moi (lol), mais qui mériteraient bien eux-aussi qu’on les lise : Emmanuel Delporte, Patrick Godard, Sylvain Desvaux par exemple, et il y en a évidemment plein d’autres. Ça changerait un peu de Thilliez, Chattam, Musso, Levy et Bourdin, pour une fois. 🙂

 

  • Quel livre ou auteur vous a donné le goût de la lecture ?

Je pourrais citer les rares bouquins que j’ai lus de bon cœur au bahut : Silbermann de Jacques de Lacretelle, L’éducation sentimentale de Flaubert, l’Ile de Robert Merle. Les autres me laissent davantage le souvenir d’une torture. Ça va beaucoup mieux depuis que je peux lire ce que je veux, et m’autoriser à ne pas finir si ça me barbe.

 

  • Quel livre auriez-vous aimé écrire ?

Aucun. Je ne suis pas d’un naturel jaloux ou envieux. J’admire beaucoup d’auteurs qui étaient les seuls à pouvoir écrire ce qu’ils ont écrit, c’est d’ailleurs souvent à ça qu’on reconnaît les bons des mauvais. Pour ma part, je ne peux écrire que du Patrice Quélard. Comme pour beaucoup de choses, ce qui fait la richesse de la littérature, c’est sa diversité.

 

  • Un petit mot pour la fin ?

Je vous remercie de m’avoir donné la parole et de m’avoir posé des questions aussi inspirantes, parce qu’il ne faut pas oublier que les questions font au moins la moitié de l’intérêt d’une interview. Vous autres blogueurs, vous êtes très importants pour que nous les auteurs nous sentions un peu moins seuls dans notre passion, et rien que pour ça, soyez remerciés !

Interview réalisée en août 2017.

Retrouvez Patrice Quélard sur Facebook, Twitter mais aussi son site perso, Babelio et évidemment sur Amazon.

Publicités

4 réflexions sur “[Des plumes et moi] Entretien avec Patrice Quélard

  1. Pingback: Concours abonnés Twitter et Instagram | Des plumes et des livres

  2. Pingback: Concours abonnés Twitter et Instagram | Des plumes et des livres

  3. Pingback: Bilan lecture #11 | Des plumes et des livres

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s