[Des plumes et moi] Entretien avec Lionel Cruzille

Bonjour tout le monde !

C’est presque devenu une tradition : chaque jeudi, ce n’est plus un livre de l’autoédition dont je vous parle, mais un auteur autoédité vous présente ses écrits et ses habitudes de lecture. Ce jeudi, c’est un auteur hybride (indépendant et en même temps édité par Numérik’livre) qui m’a offert mon premier vrai partenariat dans le sens où dès qu’il a une nouvelle sortie, il me la propose. Et c’est toujours un plaisir de le lire. Lionel Cruzille a su créer sa propre atmosphère de lecture, ses personnages vivent toujours des choses hors norme alors que souvent tout commence de la plus classique des manières. Les deux tomes de la saga 2048 me captivent totalement, même si l’auteur a comme toujours le don de frustrer ses lecteurs avec des fins en suspens (pour en savoir plus, cliquez sur le livre concerné : Tome 1Tome 2) ! Son recueil de nouvelles Sorciers : l’intégrale est tout aussi captivant et fascinant… Je n’en dis pas plus, je laisse Lionel se dévoiler un peu plus avec vous.

A dimanche pour une autre interview un peu particulière où nous n’avons pas rendez-vous avec une auteure mais une traductrice !

  • Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis essayiste et romancier d’un côté, et professeur de Qi gong et enseignant en méditation laïque de l’autre. Je partage mon temps sur ces activités-là, même si l’écriture prend une place presque plus importante depuis quelque temps.

portrait petit

  • Que représente l’écriture pour vous ?

Beaucoup. L’écriture permet d’explorer beaucoup de choses et d’en donner encore beaucoup d’autres. Je ne peux pas parler avec des centaines ou des milliers de gens, mais mes livres le peuvent. Et ils peuvent le faire même à travers le temps et l’espace (!). Si vous avez lu Sortilège, la nouvelle de l’intégrale Sorciers, vous comprenez ce que je veux dire ! (rires)

  • Depuis quand écrivez-vous ?

Longtemps, depuis que je suis enfant, mais je ne faisais pas que cela. J’ai longtemps dessiné, j’ai fait aussi du chant et de la guitare pendant des années. J’écrivais les textes de nos chansons. L’art est pour moi vital et l’écriture est revenue en force quand j’ai quitté mon ancien métier à l’hôpital. Je me suis alors mis à écrire de manière quasi quotidienne. Désormais, c’est une part de mon métier même si c’est très difficile d’en vivre vraiment. Mais ceci est une autre discussion.

  • Pouvez-vous nous parler de vos publications ?

changerOui ; il y a d’abord eu la publication en indépendant. À l’époque, il y a environ dix ans (!), ça se faisait encore peu. J’étais passé par lulu.com qui n’était encore traduit qu’à moitié en français. Le livre était un essai sur ce que je vivais au travers de ma découverte de la méditation entre autres. Puis, il y a eu un roman. Ce dernier était une sorte de conte, qui n’était pas extraordinaire du point de vue de la qualité… L’essai a eu une petite vie en indé puis il a fini par être publié à compte d’éditeur. Aujourd’hui, il est réédité aux éditions Almora sous le titre Changer ! Comme quoi, depuis 2007, ce livre a eu plusieurs vies !

Depuis cette époque, je n’ai pas cessé d’écrire. J’ai entamé Le Concile de Merlin en 2014. C’était un vieux rêve dont je vais clôturer seulement la trilogie bientôt. Il est publié aux éditions NL (ndlr : Numérik’Livres) et il m’aura fallu quatre ans pour l’écrire (et deux fois plus pour le structurer dans ma tête et faire les recherches historiques). Puis, sont venus les romans 2048 et les nouvelles Sorciers. Entre elles, j’ai continué l’écriture d’essais tels que Se libérer des pensées (éditions Almora). L’an dernier, j’ai même eu le plaisir de tenter l’aventure d’écrire un « livre dont vous êtes le héros » grâce à ma collaboration avec les éditions Adrénalivre. Je suis parti d’une de mes nouvelles (Sorciers : Wakiza) qu’Adrénalivre souhaitait que j’adapte en livre interactif numérique. Et je suis heureux du résultat même si « l’accouchement » a été difficile (rires). Écrire un LDVLH est un exercice particulier, mais très intéressant.

 

  • Comment se déroule votre processus d’écriture ? Avez-vous un plan défini ou laissez-vous guider par votre plume au fil de l’histoire ?

Je pars d’une idée, je vais dans une direction. Cependant, je fais partie des « jardiniers » et non des « architectes ». Je ne prévois pas tout, loin de là, je n’ai pas de plan précis. Je laisse ma plume vivre et ce que je « vois » dans mon esprit me guider. Les personnages eux-mêmes semblent me donner leur direction parfois. L’histoire se dessine d’elle-même. J’y pense très souvent dans mes journées. Parfois, j’arrive là où je voulais me rendre au départ, mais par un chemin différent de celui que j’avais imaginé en premier lieu. D’autres fois, l’issue change.

En tout cas, pour le processus d’écriture entier, je suis plutôt du genre à faire par multiples petites touches. Souvent, j’écris d’une traite, puis je relis, réécris, plusieurs fois. Et j’avance. Une fois le livre terminé, j’attends, je passe à autre chose, un autre livre, et je laisse l’autre livre en jachère. Puis, quand j’y reviens, je vois les choses avec un œil plus neuf. Et là, je sculpte, je gomme, j’ajoute, j’enlève, je travaille le rythme. Touche par touche, jusqu’à ce que je trouve la lecture fluide et le rythme que je cherche me conviennent. Souvent, je compare cela à la musique, un tempo de mots. Alors, peut-être que mon écriture semble simple, mais en vérité, je l’ai épurée cent fois.

 

  • Quels sont vos projets d’écriture à venir ?

J’en ai quelques-uns ! Les deux plus proches sont un conte à plusieurs niveaux de lecture et un essai que je suis en train d’achever. Ensuite, le tome 3 du Concile de Merlin qui est en jachère justement, mais que je vais reprendre de la même manière que la fin de 2048 (Tome 3).

 

  • Êtes-vous un petit ou gros lecteur ? Quelle place tient la lecture dans votre vie ?

Je pense que je lis pas mal, environ une cinquantaine de livres par an. Je lis tant que je peux, essais et romans, le plus souvent du fantastique, un peu de SF. Je ne lis pas de polar ni de romance. Quelques livres historiques parfois et des biographies et des témoignages de temps à autre.

 

  • Avez-vous un livre préféré ?

J’en ai plusieurs. Et je crois aussi que les goûts évoluent avec l’âge. Mais je suis très fan de l’Assassin Royal, La Voie des Rois (Archives de Roshars) et le cycle des Fils des Brumes (B. Sanderson), les Piliers de la Terre (K. Follet), Le Cycle de Merlin de Fetjaine, Le Nom du vent, ce genre de choses. Mais il y en a tant que je ne trouve pas ce que je viens de dire très représentatif de ma bibliothèque !

 

  • Quels sont vos auteurs préférés ?

Brandon Sanderson, Robin Hobb. J’adore aussi ce qu’écrit Gabriel Katz (un français !).

 

  • Quel livre ou auteur vous a donné le goût de la lecture ?

Des auteurs lus quand j’étais jeune comme Barjavel, Georges Orwell, Dune de Frank Herbert, ou encore Herbert Georges Wells, etc. Les grands classiques en somme. Mais aussi des essais (tels que ceux Jean Herbert, Alan Watts, etc.)

 

  • Quel livre auriez-vous aimé écrire ?

Bonne question ! Je me pose rarement les choses sous cet angle. Ce que d’autres écrivent, ils le font très bien parce que ce sont eux qui le font. Chacun « sa patte ».

 

  • Un petit mot pour la fin ?

Oui, peut-être un mot pour défendre le fait qu’écrire est vrai un métier. Un métier dur et assez ingrat d’ailleurs, pour la plupart. Souvent, l’entourage de l’écrivain (surtout lorsqu’il débute) juge, critique ou rabaisse l’écrivain en herbe, soit parce que ça ne plaît pas, soit parce que cela ne rapporte pas ou peu (à moins d’un énorme coup de chance). De plus, c’est un art lent. L’écriture demande énormément de temps, la relecture autant. Puis l’édition, la vente, le retour des avis de lecteur… Tout cela demande de longs délais. Et souvent, l’auteur se décourage face à cette attente, ajoutez cela aux critiques, à la non-reconnaissance du public ou des proches, etc., le débutant jette l’éponge – le stylo ! Alors, je voudrais dire à ceux qui tentent l’aventure de la professionnalisation, ou de la semi-professionnalisation : oui, c’est un métier. Il faut connaître les rouages de monde, savoir parler un minimum de son œuvre, faire face au langage de l’éditeur, aux contrats, aux libraires, aux avis de lecteurs. Connaître les attentes des uns et des autres. Et gardez le moral autant que l’enthousiasme.

Ce métier n’est pas corrélé à l’argent, pas directement, comme c’est le cas pour la musique ou le théâtre. Cela ne veut pas dire non plus que vous n’avez/ne pouvez/ne devez pas vouloir gagner de l’argent avec. C’est simplement deux choses différentes. Alors, amis écrivains, courage. Restez confiant, battez-vous si nécessaire et surtout, continuez de créer, et gardez patience. Le temps de l’écriture est un temps marqué de la lenteur.

Dernier mot (vraiment) : Merci pour cette interview !

Interview réalisée en septembre 2017.

Retrouvez tous les livres de Lionel Cruzille sur Amazon (ICI pour les deux tomes de Le concile de Merlin publiés sous un pseudo).

 

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