[Des plumes et moi] Entretien avec Céline Barré

Hello everybody !

Comme chaque dimanche, nous nous retrouvons pour découvrir un nouvel auteur. En ce dimanche 15 octobre, c’est Céline Barré qui a accepté de répondre à mes questions. Quelle joie pour moi qui ai adoré deux de ses livres. Shame on me, j’ai Quel pétrin ! dans ma bibliothèque depuis… depuis… depuis tellement de temps que je ne sais plus depuis quand ! Bref, mais je n’en doute pas qu’il est aussi génial et décalé que Péril au fournil et Le vieux qui voulait tuer le président. Au pire je demanderai l’avis de mon père puisque grâce à Céline j’ai pu lui offrir la trilogie des Farfelus pour sa fête des pères ! 🙂 C’est une auteure drôle et attachante qui nous livre sa vision humoristique sur la société actuelle mais il y a toujours un fond de vérité. Ses romans sont remplis de situations et phrases drôlissimes que je suis sûre, vous avez dit ou pensé au moins une fois dans votre vie ! Mais trêve de blabla, je vous laisse lire l’interview de Céline Barré.

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

20864134_10155607764818048_875713820_nBonjour et merci de m’avoir proposé cette ITW. J’ai 47 ans et je suis prof d’anglais dans un collège de campagne. J’ai étudié la traduction littéraire afin de devenir traductrice puis j’ai passé le CAPES, et comme je l’ai obtenu, j’ai enseigné car j’avais peur de l’isolement du traducteur et je ressentais le besoin d’avoir du monde autour de moi. De ce côté là, je suis servie 😉 Il m’arrive de traduire des documents techniques pour des sociétés mais c’est rare, et finalement tant mieux car ça ne correspond pas à ce que j’aime faire.

 

  • Que représente l’écriture pour toi ?

Ecrire, c’est créer un univers et donner vie à des personnages. C’est aussi faire des phrases (présenté comme ça, ça peut sembler un peu simplet), les observer, travailler et retravailler des tournures, j’adore ça, je suis une maniaque du détail, j’aime beaucoup cet aspect là du travail de l’auteur.

 

  • Depuis quand écris-tu ?

J’ai écrit un début de roman vers l’âge de sept ou huit ans. C’était tragique et certainement très mauvais !

 

  • Peux-tu nous parler de tes publications ?

J’ai écrit et auto édité trois romans depuis deux ans. Ils forment une série; LES FARFELUS. Il y a eu Quel Pétrin, puis Péril au Fournil et récemment, Le vieux qui voulait tuer le président. Ce sont des romans qui parlent de la vie d’aujourd’hui, des petits arrangements que chacun fait avec soi-même, des absurdités de notre société qui gangrènent le bien-être général, tout ça raconté de manière humoristique, caustique et grinçante. Beaucoup d’ironie.

 

  • Comment se déroule ton processus d’écriture ? As-tu un plan défini ou te laisses-tu guider par ta plume au fil de l’histoire ?

Je ne suis pas capable de faire un plan, ça ne correspond pas à la façon dont fonctionne mon cerveau, ce n’est pas faute d’avoir tenté. Je ne cherche pas d’idées, je sais qu’elles vont s’imposer à moi à la faveur d’une promenade, de la lecture d’un article ou en plein milieu d’une longueur à la piscine. Comme tous les auteurs, je pense, mon cerveau est en ébullition constante (c’est gênant pour trouver le sommeil par ex.) et des idées viennent, je commence à écrire et, le plus souvent, j’arrête car je ne suis pas emportée par ce que j’ai écrit. Et puis, un jour, la sauce prend toute seule et j’écris, là, les personnages se dessinent et leurs aventures peuvent commencer. Je puise inconsciemment dans mon quotidien, des images, des lieux, des photos que je vois sur les réseaux sociaux et je m’en nourris. A un moment donné, il est nécessaire de faire un plan, donc je prends les chapitres déjà rédigés et je les résume, puis je me force à faire des fiches personnages et je tranche dans le vif, je retire des pans entiers de mon histoire afin de lui donner une logique et je continue comme ça, en avançant puis coupant des morceaux. Ce n’est certainement pas une méthode que je recommande car elle s’avère très chronophage mais c’est celle qui me convient le mieux.

 

  • Quels sont tes projets d’écriture à venir ?

J’ai écrit environ un tiers de mon 4ème roman qui met en scène une héroïne à qui la vie ne sourit pas mais elle, en revanche, elle est marrante et ne se prend pas au sérieux (c’est un peu moi en plus jeune). Elle fantasme sur Ryan Gosling mais même dans ses fantasmes, tout foire. Pour l’instant je n’en dis pas plus car tout peut changer d’ici à tout à l’heure. Je n’ai pas la moindre idée du moment où ce roman sera achevé. J’aimerais être plus rigoureuse et pouvoir dire à mes lecteurs : il sort le xx ! Mais non, j’en suis incapable.

 

  • Es-tu une petite ou grosse lectrice ? Quelle place tient la lecture dans ta vie ?

En ce moment béni de vacances d’été, je suis une énorme lectrice, je lis environ quatre livres par semaine. Je privilégie la lecture à l’écriture pour le moment car j’en ai envie. D’ailleurs, c’est un point à souligner : si l’écriture m’apparaît comme une contrainte, je bloque. Si c’est un jeu, j’adore cela. La lecture est mon centre d’intérêt numéro un, largement avant tout le reste. Plus on lit, mieux on écrit, plus notre imaginaire s’ouvre. Lire c’est devenir plus intelligent et cultivé, page après page, en prenant son pied. Que demander de plus ?

 

  • As-tu un livre préféré ?

J’en ai quelques uns, bien sûr. Ce sont ceux que j’offre à ma mère. Ceux dont je parle autour de moi parce que j’ai l’impression que l’on ne peut pas décemment passer à côté. Alors je répondrais que le livre que j’ai préféré cette année, c’est En attendant Bojangles. J’ai lu presque tous les livres de David Lodge, qui est un génie absolu, ainsi que ceux de Jean-Paul Dubois, j’aime ses mots à ce Jean-Paul, il a une très belle patte, c’est essentiel pour que j’aime un livre; que l’écriture soit belle. J’ai lu et beaucoup aimé, en particulier pour le style magnifique, Pas son genre de Philippe Vilain. Il y en a d’autres, j’aime bien les livres de voyage de Bill Bryson, il est très drôle. Dans un genre tout à fait différent, j’ai lu Dans le jardin de l’ogre, de Leila Slimani et j’ai été très emballée par ce roman, mal compris par beaucoup de personnes; c’est très subtil, bouleversant et l’écriture est bien plus élaborée qu’elle n’y paraît.

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Lodge, Irving, Dubois. J’en oublie.

 

  • Quel livre ou auteur t’as donné le goût de la lecture ?

A part les Oui Oui, je ne vois pas ! Plus sérieusement, j’ai dévoré tous les Arsène Lupin dans mon enfance, entre huit et dix ans, j’étais un peu (beaucoup ?) amoureuse d’Arsène le magnifique.

 

  • Quel livre aurais-tu aimé écrire ?

Sans l’ombre d’une hésitation : En attendant Bojangles qui m’a mise dans un état de grande joie et une infinie tristesse en même temps, j’ai été transporté, je suis vraiment entrée dans cette danse. Ce roman est un coup de génie, un livre comme peu d’auteurs sont capables d’écrire. Comme je suis à la fois très grave, et gaie, farfelue et triste, ce roman me touche particulièrement.

 

  • Un petit mot pour la fin ?

Merci encore à toi et à ceux qui auront lu cette ITW. Lisez, écrivez, vous verrez le monde autrement et savourerez la magie cachée des petits instants a priori faits de rien. Le rien n’existe que si l’on croit en lui. Tournez-lui le dos et ouvrez un livre.

Interview réalisée en août 2017.

Vous pouvez vous procurez les livres de Céline Barré sur Amazonou Kobo.

Retrouvez la plus farfelue des auteurs sur Twitter, Facebook ou son site.

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Une réflexion sur “[Des plumes et moi] Entretien avec Céline Barré

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