[Des plumes et moi] Entretien avec Pierrick Derrien

Bonjour la compagnie !

Nouveau dimanche, nouvelle interview. Ce dimanche, c’est Pierrick Derrien qui m’a fait l’honneur de répondre à mes questions. J’avais adoré Les murmures du Shar – Tome 1 à un tel point que lorsque j’ai publié ma chronique, le tome 2 sortait. Forcément je me le suis procurée de suite… Mais depuis il attend. Mais quoi ? Que je sois moins débordée. Entre la reprise de septembre (préparations en tout genre), les chroniques en retard, les services presse en retard dont j’ai bien abusé de la patience des auteurs… j’attends de mettre un peu d’ordre dans tout ça et je retournerai dans ce monde fantastique avec joie (attention Pierrick je mets la barre haute, je te rappelle que le tome 1 est mon 2e gros coup de coeur de l’année !).

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Pierrick, j’ai 23 ans, je termine mes études et en parallèle j’écris des romans de fantasy.

 

  • Que représente l’écriture pour toi ?

D’abord un loisir ! J’ai toujours aimé inventer des histoires et des mondes imaginaires, depuis tout petit. La partie la plus exaltante est la création pure du monde, de sa mythologie, et de ses personnages. Même si loin d’être un inventeur de génie, tout ce que je peux imaginer provient de mythologies existantes, de légendes et d’histoires déjà écrites par le patrimoine de l’humanité. Je puise dans un immense réservoir de références pour alimenter mon imagination, et c’est normal: on ne fait jamais que traiter des mêmes sujets, seule la forme diffère. D’ailleurs, j’ai plaisir à ce que mes lecteurs lisent mes œuvres au premier comme au second degré – on peut y déceler des leçons de vie, des réflexions parfaitement adaptées à notre monde actuel. J’estime que la fantasy sait très bien parler des choses de la vie, aussi bien que n’importe quel autre genre. Et même mieux, puisque c’est plus souple et fluide à lire.

J’ai commencé à écrire pour moi, et puis, comme j’aime bien raconter des histoires, je les ai montrés à mon entourage qui m’a encouragé à aller plus loin. Le parcours éditorial sur ce plan est un vaste ensemble d’opportunités et de discussions avec des amis qui m’ont poussé à m’investir davantage.

Donc d’abord un loisir, parce que dès que je bascule du côté promotion/communication, ça devient un travail. Ça prend énormément de temps, et c’est au détriment de la part artistique. Promouvoir son travail donne envie de faire autre chose de son temps libre que de continuer à bosser sur ses œuvres!

 

  • Depuis quand écris-tu ?

2 ans et demi. J’ai un rythme de production très soutenu, qui me permet d’aller vite sans me laisser le temps de me décourager : j’aime décrire mes oeuvres comme un corps que je construis. D’abord un squelette, où je pose la trame de l’histoire et les principaux personnages. Puis le tissu nerveux, les explications annexes de l’intrigue et les éléments de compréhension du monde que je crée. J’ajoute ensuite les muscles et les chairs, en étoffant mes personnages pour les rendre cohérents et en travaillant soigneusement la communication des émotions chez le lecteur. Et enfin, j’ajoute la peau en modelant des chapeaux en tête de  chapitre, en soignant la mise en page, etc. Ecrire, c’est de la création, mais aussi et surtout de la rigueur et de la volonté. Impossible d’achever un roman sans la discipline associée. Certains passages sont plus compliqués à écrire, ou on n’a pas envie de l’écrire maintenant, il faut savoir passer à la suite en laissant des choses de côté, aller assez vite à la fin pour ne pas perdre de vue l’objectif, sinon on se décourage. Après on rempli les trous!

 

  • Quels sont tes projets d’écriture à venir ?

Mon projet fait partie d’une trilogie dont les trois tomes ont déjà été écrits. Mais le lecteur doit découvrir en les lisant que le monde qui y est décrit n’est qu’une partie d’un vaste univers. Ce dernier comporte 9 mondes, et j’ai prévu d’écrire une trilogie par monde, soit 24 romans. Une trilogie est déjà aboutie, les deux premiers tomes d’une autre également, et le premier d’une troisième. Les premiers chapitres de deux autres ont également déjà été rédigés. Quant aux trois dernières, je connais déjà le monde que je veux créer, il me manque juste l’idée d’une histoire à placer dedans. Et avec tout ce que je dois encore faire avant, j’ai le temps pour y réfléchir !

 

  • Es-tu un petit ou un gros lecteur ? Quelle place tient la lecture dans ta vie ?

Petit lecteur, je pense. Je lis le soir, avant de dormir, ou quand j’ai des temps morts dans la journée. Je lis des romans, des BD, des mangas, je suis curieux de tous les genres. J’ai commencé à lire très tôt, avec des séries comme les romans historique de Christian Jacq, qui m’ont donné le goût de la lecture.

 

  • As-tu un livre préféré ?

Non, je suis quelqu’un de très humaniste, qui aime découvrir plein de choses sans être forcément un expert dans l’une d’entre elles. A titre d’exemple, j’aime dessiner, jouer de la musique, écrire, disserter, faire du sport (et plein de sport! course, natation, escalade, patinage, ski, vélo, muscu et j’en passe), et mon CV est aussi diversifié que les couleurs de l’arc-en-ciel. Dans cette logique, je n’ai pas vraiment de livre préféré, mais beaucoup d’ouvrages aimés!

 

  • Quels sont tes auteurs préférés ?

Du côté fantasy, Michael Moorcock, Terry Goodkind (oui les anglo-saxons sont meilleurs sur cette littérature, mais c’est parce que le modèle français ne l’estime pas et ne la valorise pas). Sinon Bernard Werber a une chouette plume et se lit au premier, second ou troisième degré, ce qui est particulièrement jouissif pour un lecteur tel que moi-même qui adore relire un livre et y découvrir de nouveaux éléments. Sur ce plan-là notamment, j’adore les BD d’Ayroles et en particulier De Cape et de Crocs qui est un bijou de littérature savamment utilisée. Sinon les mondes d’Arleston me fascinent, bien que les nombreuses erreurs de scénario qu’il réalise gâchent un peu la lecture.

 

  • Quel livre ou auteur t’as donné le goût de la lecture ?

Le goût de la lecture je ne sais pas ! En revanche, pour le goût de l’écriture, c’est sans conteste Pierre Bottero (Ewilan). Il a un style fluide, raconte des histoire passionnantes avec des personnages profondément attachants. J’ai repris de nombreux éléments de son style d’écriture dans ma manière de faire, parce qu’elle est rapide et efficace, et que je suis quelqu’un de synthétique et qui n’aime pas perdre son temps, aussi lorsque j’écris, il faut que ça avance vite et bien. Et je pense que le lecteur a également un désir de supprimer le superflu aujourd’hui, devant l’offre de lecture monumentale qui s’offre à lui. La “génération zapping” que nous représentons a besoin d’aimer immédiatement ce qu’elle consomme (ou lit, en l’occurence).

 

  • Quel livre aurais-tu aimé écrire ?

Aucun ! Enfin si, les miens ! Produire une oeuvre procure une sensation comparable à celle de faire un enfant : on le crée, on l’ouvre et puis on l’offre au monde. Pas pour rien qu’on parle de “son bébé”! Donc comme le livre est l’enfant de l’écrivain, je pense que peu d’écrivains souhaiteraient avoir écrit le livre d’un autre. Sauf pour profiter de sa renommée!

 

  • Un petit mot pour la fin ?

Oui, sur la personnalité de l’écrivain : je pense qu’il y en autant qu’il y a d’hommes, mais que mieux on se connaît, mieux on est capable d’écrire. Par exemple, j’écris des personnages qui me ressemblent beaucoup ! Pour la simple raison que ceux qui sont très différents de moi sur le plan du caractère sonnent creux si je désire les créer. Il leur manque quelque chose.

Ecrire un monde, c’est assez facile. Ecrire un personnage, c’est beaucoup plus dur : il faut qu’il soit cohérent d’un bout à l’autre. Combien de passages j’ai supprimés en réalisant que la réaction d’un personnage ne collait pas à sa personnalité ! Il faut être vigilant à produire un  personnage cohérent, fidèle à lui-même en tous temps ! Et bien sûr, il faut aussi faire attention à la cohérence spatio-temporelle de l’action du roman. Ecrire m’a rendu très critique des autres œuvres sur ce plan-là. Il est rare désormais que je ne regarde pas un film ou lise un livre sans en déceler les incohérences! Pour le plus grand malheur de mon entourage d’ailleurs!

Interview réalisée en août 2017.

– Retrouvez Pierrick Derrien sur Twitter, Facebook et sur son blog.

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Une réflexion sur “[Des plumes et moi] Entretien avec Pierrick Derrien

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